Le Mahjong au cinéma et dans la culture pop : films, mangas et jeux
Le Mahjong à quatre joueurs se prête bien à la fiction : quatre personnes autour d’une table, des tuiles cachées, et une défausse qui en dit long sur celui qui la pose. Films, mangas et jeux vidéo s’en sont emparés, chacun à sa façon. Si tu veux d’abord savoir d’où vient le jeu, commence par l’histoire du Mahjong.
Crazy Rich Asians : une partie qui remplace un dialogue
Le film Crazy Rich Asians (2018), de Jon M. Chu, contient l’une des scènes de Mahjong les plus commentées du cinéma américain récent. Vers la fin du film, Rachel Chu (Constance Wu) invite Eleanor Young (Michelle Yeoh) à la rejoindre autour d’une table de Mahjong. Ce qui se joue là n’est pas une simple partie : c’est une explication entre les deux femmes, menée tuile après tuile.
Rachel tient la tuile qui lui permettrait de gagner. Elle choisit de la défausser, sachant qu’Eleanor en a besoin, puis retourne sa propre main pour montrer ce qu’elle vient de sacrifier. Le réalisateur a réglé la partie avec soin, de sorte qu’un spectateur qui connaît le jeu comprend la scène sans une ligne de dialogue.
Quand on ne connaît pas le Mahjong, on devine l’enjeu sans tout saisir, et la scène donne envie d’en apprendre les règles.
The Joy Luck Club : la table comme lieu de mémoire
Bien avant, The Joy Luck Club (1993), adapté du roman d’Amy Tan, plaçait déjà le Mahjong au centre de son récit. Le « Joy Luck Club » du titre est un cercle de Mahjong fondé par quatre femmes d’origine chinoise installées à San Francisco. Au début du récit, la fille de l’une d’elles vient occuper à la table la place laissée vide par sa mère.
Le jeu y sert de fil entre les générations : c’est autour des tuiles que les mères racontent ce qu’elles n’ont jamais dit à leurs filles. Si les tuiles elles-mêmes t’intriguent, le guide des tuiles et de leur signification les explique une par une.
Akagi et les mangas de Mahjong
Au Japon, le Mahjong est un genre de manga à part entière. Le titre le plus connu est Akagi, de Nobuyuki Fukumoto, publié à partir du début des années 1990. Il suit un adolescent qui s’assoit à une table de jeu clandestine et s’y révèle d’un sang-froid inquiétant.
Chez Fukumoto, une partie est une bataille psychologique : chaque défausse est une information donnée ou un piège tendu, et le récit peut passer plusieurs chapitres sur une seule main. Le manga a été adapté en série animée en 2005.
D’autres titres ont suivi :
- Saki : une lycéenne douée rejoint le club de Mahjong de son établissement et se lance dans les tournois scolaires. Le ton est bien plus léger, avec des talents de jeu volontairement exagérés.
- Kaiji : également de Fukumoto, ce manga de jeux d’argent comporte un long passage consacré à une variante de Mahjong à deux.
Tous ces récits reposent sur le riichi, la variante japonaise. L’article sur les variantes régionales du Mahjong explique ce qui la distingue.
Le Mahjong dans les jeux vidéo
Le Mahjong apparaît comme mini-jeu dans plusieurs grandes séries. La plus connue est Yakuza (rebaptisée Like a Dragon), de SEGA : dans les rues de Kamurocho, le héros peut pousser la porte d’un salon et jouer de vraies parties selon les règles japonaises. C’est une porte d’entrée possible vers le riichi pour qui ne l’a jamais pratiqué.
Final Fantasy XIV, le jeu en ligne de Square Enix, propose lui aussi un mode complet, le « Doman Mahjong », où l’on affronte d’autres joueurs sans quitter l’univers du jeu.
Et le mahjong solitaire ?
Le mahjong solitaire, lui, n’a pas eu besoin du cinéma : il est né directement sur un écran. Brodie Lockard le programme en 1981, Activision le publie en 1986 sous le nom « Shanghai », et « Mahjong Titans » l’installe sur les ordinateurs livrés avec Windows Vista en 2007. En Occident, le mot « mahjong » désigne d’ailleurs souvent ce jeu-là plutôt que la partie à quatre.
Les tuiles sont les mêmes que dans les films, mais le jeu est tout autre : pas d’adversaire à la table, pas de combinaisons, seulement des paires à retirer dans le bon ordre. Tu peux l’essayer tout de suite sur la page d’accueil, ou te mesurer aux autres joueurs sur le Mahjong du jour, où tout le monde reçoit le même plateau.