Le Mahjong dans le monde : variantes régionales et traditions
Le Mahjong à quatre joueurs, né en Chine au milieu du XIXe siècle, s’est transformé partout où il s’est installé. Du riichi japonais au mahjong américain, chaque région a ses règles, son décompte des points et ses habitudes de table. Ce tour d’horizon concerne le jeu à quatre ; le mahjong solitaire de ce site est un autre jeu, dont on parle à la fin. Pour les origines, vois l’article sur l’histoire du Mahjong.
Le Mahjong chinois et les règles de compétition
Le principe commun à toutes les variantes vient de Chine : quatre joueurs piochent et défaussent des tuiles à tour de rôle pour réunir une main gagnante faite de combinaisons (suites, brelans, paire). Les tuiles comprennent trois familles numérotées (bambous, cercles, caractères), des vents et des dragons, auxquels s’ajoutent, selon les règles, les fleurs et les saisons.
En Chine même, les règles changent d’une ville à l’autre. En 1998, les autorités sportives chinoises ont donc fixé un règlement unique pour les tournois, le Guóbiāo Májiàng, connu en anglais sous le nom de Mahjong Competition Rules (MCR). Il recense 81 combinaisons qui rapportent des points et sert de référence dans de nombreuses compétitions internationales.
Le riichi japonais
Le riichi est la variante jouée au Japon. Son nom vient de sa règle la plus connue : quand il ne manque plus qu’une tuile à un joueur dont la main est restée cachée, il peut annoncer « riichi ». Sa main vaut alors davantage, mais il ne peut plus la modifier.
Le décompte japonais est réputé exigeant. Une main doit contenir au moins un « yaku » (une figure reconnue) pour être valable, et sa valeur se calcule en « han » et en « fu ». Le jeu a aussi une forte dimension défensive : celui qui défausse la tuile gagnante paie seul, si bien qu’éviter de donner la victoire compte autant que la chercher.
Le riichi s’est fait connaître hors du Japon par les mangas et les animes (Akagi, Saki), par le mini-jeu de mahjong de la série Yakuza/Like a Dragon et par des plateformes en ligne comme Mahjong Soul. L’article sur le Mahjong dans la culture pop y revient.
Le Mahjong américain
Le Mahjong arrive aux États-Unis vers 1920, diffusé par Joseph Babcock, et y prend rapidement un chemin à part. La variante américaine est régie par la National Mah Jongg League (NMJL). Elle utilise des jokers et, surtout, une carte des mains gagnantes que la ligue renouvelle chaque année : les joueurs doivent réapprendre régulièrement ce qu’ils visent.
Autre particularité, les racks : des réglettes sur lesquelles on pose ses tuiles debout, face à soi. La partie commence aussi par un échange de tuiles entre joueurs, propre à cette variante.
Le style de Hong Kong
Le Hong Kong Old Style, ou mahjong cantonais, passe pour l’une des variantes les plus accessibles. Son décompte est plus simple que celui du riichi ou du règlement de compétition chinois.
Il repose sur les « faan » : chaque figure en rapporte un certain nombre, et les tables fixent souvent un minimum à atteindre pour avoir le droit de gagner (3 faan est un seuil courant). Ce minimum évite les victoires trop faciles et pousse à construire des mains plus travaillées.
Le Mahjong taïwanais
Le mahjong taïwanais se distingue d’abord par la taille de la main : 16 tuiles par joueur, au lieu de 13 dans la plupart des variantes. Il faut donc une combinaison de plus pour gagner. Les fleurs et les saisons sont de la partie, et le décompte se fait en « tai ».
Comme ailleurs dans le monde chinois, le Mahjong y est un jeu de réunion familiale, en particulier au moment du Nouvel An lunaire.
Ce qui change d’une variante à l’autre
Le nombre de tuiles n’est pas le même partout : 136 en riichi, 144 avec les fleurs et les saisons, 152 dans le jeu américain avec ses jokers. Le paiement varie aussi : selon les règles, tous les perdants paient, ou seulement celui qui a défaussé la tuile gagnante.
En revanche, les tuiles elles-mêmes sont communes à toutes les variantes. Le guide des tuiles et de leur signification vaut donc pour toutes, solitaire compris.
Et le mahjong solitaire ?
Le mahjong solitaire, celui que tu joues sur notre Mahjong Solitaire en ligne, n’est pas une variante régionale : c’est un jeu vidéo. Brodie Lockard le crée en 1981 sur le système PLATO, sous le nom « Mah-Jongg ». Activision en publie une version commerciale en 1986, « Shanghai », puis « Mahjong Titans » arrive avec Windows Vista en 2007.
Il n’a aucune parenté de règles avec le jeu à quatre. On n’y forme pas de combinaisons et on n’y affronte personne à la table : on retire des paires de tuiles identiques d’un empilement, en ne touchant qu’aux tuiles libres. Ce qu’il a gardé, ce sont les 144 tuiles et leur dessin. Les règles du mahjong solitaire tiennent en quelques lignes.
Un jeu, plusieurs façons de jouer
À Canton, à Tokyo, à New York ou devant un écran, on ne joue pas au même Mahjong, et c’est ce qui fait sa richesse. Le jeu a un peu plus d’un siècle et demi, et il continue de se décliner : la version solitaire en est la preuve la plus récente.